Stade Toulousain - USAP : le rugby vous dit merci!
le 25/10/2010

Un match épique, qui tombe au meilleur des moments. Voilà ce que l'on retiendra de ce week-end de TOP 14, alors qu'un virage important pourrait se dessiner à l'horizon de la planète rugby. Depuis quelques jours, les déclarations, notamment celles d'Olivier Sadran, se multiplient afin d'évoquer ce qui se profile pour le futur en termes de droits télés. Le football et le rugby risquent bien de se marcher sur les platebandes, le premier, au nom de la ligue de football, désirant récupérer la plage du samedi après-midi auprès du principal diffuseur, Canal +. Or, cette tranche horaire, historique pour les amateurs de ballon ovale, a fortement contribué, de par son exposition populaire, à promouvoir le rugby. Outre l'aspect financier, qui risque forcément de couter cher à la ligue de rugby de par le manque de concurrence chez les diffuseurs (Orange ayant annoncé ne plus vouloir répondre aux appels d'offre télévisuels sportifs), c'est également un combat de "visibilité" qui s'annonce entre le monde de l'ovalie et celui du ballon rond. Et forcément, à la vue du spectacle de samedi, on se laisse à croire que le rugby peut conserver son statut et continuer à grimper vers le haut.
Car les oppositions entre voisins toulousains et catalans accouchent rarement d'un scénario soporifique. Le public du Stadium ne s'y était pas trompé. Ils étaient près de 30 000 à border un stade illuminé par un soleil radieux, qui annonçait une rencontre telle qu'on les savoure généralement lors des phases finales. Alors quoi de mieux comme vitrine pour le TOP 14 qu'un duel entre deux des meilleures formations françaises de ces dernières années, qui cultivent la culture du jeu et de la formation? D'autant que Jacques Brunel avait bien fait les choses. En alignant une composition solide, composée de nombreux titulaires indiscutables, les catalans se présentaient avec des intentions louables, avec pour minimum syndical de ramener ce point de bonus qui les fuis tant dans la ville rose depuis quelques saisons. Pas d'impasse, les espoirs alignés s'apparentant presque à des joueurs expérimentés, à la vue du début de saison complexe en matière d'effectif négocié par le staff catalan. Côté toulousain, l'important était de conserver la dynamique observée sur la scène européenne, et de prouver aux plus exigeants la montée en puissance au coeur de la saison d'un effectif fortement sollicité.
Si les catalans ont donné une leçon de réalisme aux joueurs de Guy Noves en première mi-temps, force est de constater que le Stade Toulousain, dans ces jours là, semble imprenable. Paul Goze et Jacques Brunel regretteront probablement le manque de lucidité de quelques cadres, notamment sur cette action ô combien importante avant la pause, lorsque Julien Candelon oublie Jérôme Porical, idéalement placé pour partir à l'essai, et donner un coup de massue aux rouges et noirs avant la pause. Ils regretteront également cet essai casquette de Vincent Clerc, suite à une mésentente entre David Mélé et Jérome Porical. Mais ils ne contesteront probablement pas la supériorité de la formation toulousaine, dans tous les compartiments du jeu, ce samedi.
Car les joueurs de la ville rose n'ont jamais semblé douter de leur force, dans un match qu'ils n'ont jamais abandonné, même lorsqu'ils étaient menés 13-0. Les champions d'europe ont l'effectif le plus complet de France, et lorsqu'il se met à jouer, il devient irrésistible. Le stade toulousain a fait honneur à son rang, à sa culture du jeu. La charnière, emmenée par le bison Kelleher, auteur d'une prestation exceptionnelle, a parfaitement alterné son jeu, profitant des largesses offertes depuis quelques semaines par les catalans dans sa ligne de 3/4, mais également des coups de pieds mal négociés par Manny Edmonds. Les avants ont été dominateurs tout au long de la partie, notamment en mélée fermée. Beaucoup plus incisifs dans les phases de combat, les rouges et noirs sont sortis lessivés d'une rencontre qui s'est hissé au niveau des joutes internationales. Sans démérité pour autant, les catalans ont été broyés par la machine toulousaine.
Ces matchs, comme le match de barrages de la saison passée entre le RCT et Clermont, contribuent fortement à la popularisation du rugby. C'est le rugby qu'on aime et que l'on souhaiterait voir sur toutes les pelouses du championnat, chaque semaine. Le professionnalisme dans le rugby doit beaucoup à la chaine cryptée. Diffuseurs et instances vont maintenant devoir faire leur travail, et décider du futur pour le ballon ovale. Les joueurs et entraineurs ont eux, déjà fait le leur.
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