Rugby - TOP 14: Stade Rochelais 26-26 Stade Français
le 02/01/2011
Les rochelais n'ont pas souvent les honneurs des médias. En ce premier dimanche de janvier, le groupe Canal avait pourtant décidé de faire de ce combat des Stade l'une de ses affiches de la 15ème journée de TOP 14. Bien leur en a pris, car il s'en est fallu de peu pour que le Stade Français, à l'image des champions de France clermontois ou du Castres Olympique, ne goute à la magie du stade Marcel Deflandre et reparte avec le plein de désillusions.
Car dès les premières minutes de jeu, les rochelais jouaient sans complexes. Ils scoraient même rapidement à deux reprises par la botte de Benjamin Dambielle (6-0). Face au spectre de la relégation, les locaux attaquaient donc le match de la meilleure des façons, faisant abstraction de toute pression. Le Stade Français ne tardait cependant pas à réagir. Et au terme d'une belle action collective, Beauxis décalait Olie Philipps, qui filait à l'essai en bout de ligne (6-7).
Un match plaisant, voilà ce que nous proposait alors les deux formations. Les actions et les temps de jeu s'enchainaient. Solidaires dans le combat, les jaunes et noirs parvenaient alors à s'approcher de l'en-but parisien et imposaient une véritable épreuve de force au pack de Sergio Parisse. Surs de leur force, les avants rochelais s’offraient le luxe d'espérer l'essai de pénalité, suite à une succession de fautes parisiennes près de leur ligne. Mais il n'en n'était rien. Soucaze avait alors la bonne idée de s'extirper d'un groupé pénétrant pour s'effondrer en terre promise, Deflandre pouvait jubiler (13-10). Les esprits s'échauffaient alors en fin de première période. Carmignani, puis Roncéro, prenaient tour à tour la biscotte de Berdos et laissaient leur équipe en infériorité numérique. Beauxis en profitait alors pour permettre à son équipe de recoller au score par une ultime pénalité. (13-13).
La deuxième période commençait alors tambours battant. Les rochelais montraient un visage vraiment séduisant, et sur un turnover, profitaient de leur supériorité numérique en orchestrant un magnifique contre de 60 m qui échouait à quelques mètres de la ligne parisienne. Les gros s'organisaient alors parfaitement et, sans s'affoler, propulsaient par un nouveau groupé pénétrant Soucaze dans l'en-but pour le doublé. Le Stade Français semblait alors sonné, et les coups de pieds de pénalité ratés de Beauxis puis Dupuys laissait rêveur le public charentais. Mais suite à une superbe action initiée par Haskell, le Stade Français revenait à égalité. En effet, l'anglais se débarrassait de 4 défenseurs depuis les 40 mètres rochelais avant de passer par le sol. La libération était rapide, et prenait Combezou de vitesse. Beauxis n'avait alors plus qu'à faire parler sa vitesse de course pour conclure les 30 derniers mètres en coin. (23-23). Le final était haletant. Les locaux poussaient à nouveau les parisiens à la faute (26-23) avant de s'y mettre à leur tour (26-26). Et, à la grande déception du public, les dernières munitions étaient parisiennes. Il s'en fallait de peu pour que Beauxis ne donne le coup de grâce sur la sirène, mais son drop se refusait à la cible.
Au terme du suspense, les deux équipes pouvaient donc nourrir des regrets mais les enseignements étaient nombreux. Du côté du Stade Rochelais, on retiendra la puissance du pack et sa bonne organisation sur les groupés pénétrant, la qualité de l'alignement et de la conquête en touche, ou cette solidarité collective propre aux équipes promues qui veulent faire bonne figure au plus haut niveau. Côté Stade Français, l'expérience de ses individualités à permis au collectif de maitriser certaines phases de jeu et de ne jamais abdiquer tout au long d'un match qui aurait pu leur échapper.
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