Lorenzo
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Pourquoi l'USAP peut réaliser le doublé
le 23/01/2010
A la surprise quasi générale (il faut l'avouer, seuls les inconditionnels d'Aimé Giral y croyaient vraiment en début de saison), l'USAP a remporté le championnat TOP 14 version 2008-2009. Plus de 54 ans que les catalans n'avaient pas vu le Brennus au pied du Castillet, le moment fût historique. Pourtant, malgré une saison quasi parfaite, peu de "spécialistes" les pronostiquaient vainqueurs en ce début de soirée du 6 juin 2009.
Il faut croire que les temps ont changé. Aujourd'hui, la donne n'est plus la même. Malgré un début de saison poussif, l'USAP s'impose aux yeux de tous comme l'un des prétendants à sa propre succession. Et cette élimination prématurée en coupe d'europe vient renforcer les chances catalanes de réaliser le doublé, après celui de Biarritz en 2005 et 2006. Là, où Clermont, Toulouse et Paris ont du batailler et laisser des forces pour accéder aux quarts de final, le staff de Jacques Brunel a pu faire tourner son effectif, laissant ses joueurs cadres au repos, et alignant ses jeunes espoirs comme Cazenave, Guiry ou Vivalda.
Mais à bien y regarder de plus près, les arguments plaidant en faveur du club catalan sont plus techniques. Depuis le début de la saison, l'USAP est probablement le club, avec Clermont, proposant le jeu le plus efficace. Bien que parfois en difficulté en mélée fermé, notamment lors de la confrontation avec le Racing début janvier, la conquête et le jeu de 3/4 restent les améliorations fondamentales du club cette saison. Les amateurs de rugby auront pu le constater au Stadium fin décembre, où les co-équipiers de Porical ont étouffés le jeu de main (de pied?), jeu de toulousain des hommes du Stade Toulousain. Ou encore sur le terrain du Munster, où au terme d'une prestation de haut niveau agrémentée de 3 essais, les usapistes avaient très certainement compromis leurs chance de qualification en perdant le match sur le fil, face aux coups de pieds fatals du maître à jouer O'Gara. L'USAP propose du jeu, ce que peu d'équipes savent produire aujourd'hui. Elle n'abuse pas des ballons portés, ni des coups de pieds d'occupation, mais met en avant la complémentarité de son effectif, notamment au niveau de la ligne de 3/4 qui semble se présenter comme la plus dangereuse de France aujourd'hui.
En terme d'individualités, le club avait décidé de jouer sur la continuité à l'intersaison. Et ce choix, avec dorénavant 6 mois de recul, semblait judicieux. A l'aube du tournoi des VI nations, Mas et Marty sont indiscutables en équipe de France. Il n'en a pas manqué beaucoup pour que Chouly, Perez, Porical ou Tchale Watchou les rejoignent, sans oublier Mermoz, bléssé actuellement. Des joueurs de niveau international selon Marc Lièvremont, mais qui défendront les couleurs de leur club durant les joutes de TOP 14 en période de doublons. Un avantage indéniable, demandez à Guy Noves.
Pour rester honnête, il y'a bien des points qui demeurent inquiétant. La profondeur de banc de l'USAP n'est pas celle d'un Stade Toulousain. La discipline, qui était l'un des points fort de l'équipe la saison dernière, n'a pas toujours été au rendez-vous. L'absence d'un 10, et plus globalement d'une charnière de référence, pourrait jouer des tours au club lors des matchs tactiques et couperets de la fin de saison.
Mais finalement, ce qui se dégage le plus de cette formation catalane cette année encore, c'est la sérénité. Jacques Brunel n'a jamais semblé en douter depuis le début de la saison. Et l'on sait que lors des phases finales, cette force psychologique peut s'avérer déterminante.
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