La force du pack tricolore
le 22/03/2010
La première ligne anglaise s'en souviendra. La démonstration de forçe du trio Domingo - Servat - Mas lors du match de clôture du tournoi des VI nations face à l'Angleterre restera l'une des images fortes de la montée en puissance du XV tricolore. En poussant à trois reprises les anglais à la faute près de leurs 22 mètres, offrant autant de munitions à Morgan Parra pour scorer entre les perches, le huit de devant a joué un rôle majeur dans la victoire des bleus ce samedi au stade de France. Une victoire qui a mené les trente acteurs de l'équipe de France au sacre européen, grand chelem en prime. Sérieuse et appliquée, l'équipe de France a parfaitement maitrisé ses rencontres et se sera même payé le luxe de balayer l'Irlande, tenante du titre et alors invaincue depuis 12 rencontres. Une réussite due en grande partie à ce pack solide et expérimenté, probablement l'un des tout meilleurs, si ce n'est le meilleur, du monde.
Dans les écoles de rugby, on le répète souvent: "Les avants remportent le match, les arrières décident du score". Ce vieil adage a pris tout son sens tout au long d'un tournoi globalement maitrisé en conquête. "Les bases du rugby ont été encore une fois le facteur gagnant" déclarait Mas, au terme de 5 matchs où les français n'auront perdu qu'une seule des 35 mélées qu'ils auront engagé. Les fondamentaux ont été respectés, en touche, dans le combat, sur les déblayages. La confirmation d'un potentiel, découvert durant les tests matchs de novembre, que la mélée sud africaine championne du monde n'avait su contrer. Il aura pourtant fallu composer avec l'absence de deux valeurs sures avant même le début des hostilités: Barcella et Millo-Chluski. La blessure de Papé conjuguée à celle de Ouedraogo avant le déplacement en terre galoise obligeait même les sélectionneurs à rappeler le très médiatique Chabal et le néophyte Lapandry. Au coeur du collectif, il est encore utile de rappeler les prestations étincelantes de certaines individualités du pack. Emmené par un Imanol Harinordoquy éblouissant et désigné homme du tournoi, des joueurs comme Mas ou Domingo se sont sublimés, pour atteindre enfin le niveau que l'on attendait d'eux. Servat, lui, est resté fidèle à son niveau de performance. Le clermontois Julien Pierre, fraichement débarqué chez les bleus, restera quant à lui la révélation de cette édition, notamment pour sa prestation défensive de grande qualité. Conjugués à la constance de Bonnaire et de Dusautoir, ce pack a fait passer au second plan des 3/4 bien moins inspirés.
La blessure de Michalak demeurera comme un symbole. Loin de figurer comme un échec, la prestation des 3/4 français n'aura pas séduite le grand public. Si le XV du coq semble s'être trouvé une charnière de référence, en la complémentarité de Parra et Trinh-Duc, il reste des défaillances, notamment dans le jeu proposé par certains cadres de l'équipe. Si Jauzion a manqué de régularité, Bastareaud n'a pas su mettre à profit sa puissance physique lors des grands rendez-vous. Son remplaçant attitré, Marty, aura, lui, su saisir l'occasion d'exprimer sa bonne forme du moment. Si Andreu a réalisé une performance prometteuse face aux italiens, son inexpérience du niveau international ne lui a pas permis de confirmer face aux anglais. Tout comme Palisson, inspiré face aux gallois, mais encore en pleine phase d'apprentissage. Finalement, la bonne surprise des lignes arrières restera le retour en grandes pompes de l'arrière du stade toulousain, Clément Poitrenaud, constant et efficace dans son jeu, tant sur le plan défensif qu'offensif.
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